L’Observatoire Béninois des Droits de l’Homme (OBDH) a organisé, mardi 19 mai 2026, un atelier national de validation de l’étude consacrée à la position de la société civile sur la lutte anti-terroriste et les droits humains au Bénin.
Cette rencontre a réuni acteurs de la société civile, universitaires, juristes et professionnels des médias autour des enjeux liés à la sécurité et à la préservation des libertés fondamentales.
Dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques terroristes en Afrique de l’Ouest, le Bénin est confronté à des défis sécuritaires croissants, notamment dans les zones frontalières du nord du pays.
Face à cette menace, les autorités béninoises ont renforcé les dispositifs de lutte contre le terrorisme afin d’assurer la protection des populations, préserver l’intégrité territoriale et garantir la stabilité de l’État.
Pour les responsables de l’OBDH, si cette mobilisation sécuritaire apparaît légitime, elle doit néanmoins s’accompagner d’une vigilance particulière quant au respect des droits humains et des principes de l’État de droit.
Selon les conclusions de l’étude, l’expérience de plusieurs pays confrontés à l’extrémisme violent démontre qu’une réponse exclusivement sécuritaire reste insuffisante pour lutter durablement contre le terrorisme. L’absence de mécanismes de prévention, de dialogue communautaire et de garanties judiciaires peut, à terme, fragiliser la confiance entre les populations et les institutions publiques.
L’étude met également en lumière les réalités socio-économiques des zones vulnérables exposées aux risques sécuritaires. Difficultés d’accès aux services sociaux de base, précarité économique et marginalisation constituent autant de facteurs susceptibles d’être exploités par des groupes extrémistes.
Pour l’OBDH, la protection des droits humains ne doit pas être perçue comme une contrainte dans la lutte anti-terroriste, mais plutôt comme un facteur essentiel de stabilité et de résilience sociale. Le respect de la dignité humaine, des garanties judiciaires et des libertés fondamentales contribue au renforcement de la confiance citoyenne et à la prévention des tensions sociales.
Intervenant au cours des travaux, Darlène Esther GBAGUIDI, juriste de banque, juriste d’affaires, doctorante en droit privé à l’Université Cheikh Anta Diop et à l’Université Toulouse Capitole, ainsi que membre dirigeante de l’ONG OBDH, a insisté sur la nécessité d’adopter une approche équilibrée conciliant impératifs sécuritaires, exigences démocratiques et engagements internationaux du Bénin en matière de droits humains.
Elle a notamment souligné l’importance du renforcement de la formation des forces de sécurité aux droits humains, du dialogue entre institutions publiques, société civile et communautés locales, ainsi que de la prévention de la radicalisation à travers l’éducation et la sensibilisation.
L’étude recommande également la mise en œuvre de politiques sociales inclusives dans les zones vulnérables et appelle à une lutte accrue contre les discours de haine, la désinformation et les stigmatisations susceptibles d’alimenter les tensions communautaires.
Par ailleurs, les participants ont rappelé le rôle essentiel de la société civile, des chercheurs, des universitaires et des médias dans la promotion d’un débat public constructif sur les questions sécuritaires. Dans un environnement régional sous pression, ces acteurs contribuent à la diffusion d’informations fiables, à la sensibilisation des populations et au renforcement de la cohésion sociale.
Pour l’OBDH, le Bénin dispose d’atouts importants, notamment une tradition de dialogue, une expérience démocratique reconnue et une société civile dynamique. Des acquis considérés comme des bases solides pour construire des réponses sécuritaires respectueuses des principes démocratiques et de l’État de droit.
Au terme de l’atelier, les organisateurs ont réaffirmé que la lutte contre le terrorisme ne saurait être uniquement militaire ou sécuritaire. Elle doit également intégrer des dimensions sociales, éducatives, préventives et communautaires afin de préserver durablement la paix, la stabilité et les valeurs démocratiques.
Gatien ELEGBEDE

