Amnesty international Bénin a organisé a Cotonou, ce mardi 21 avril 2026, le lancement de son rapport annuel 2025-2026 sur la situation des droits humains dans le monde.
Ledit rapport met en lumière aussi bien les violations des droits humains documentées, que des succès remportés tout au long de l’année 2025 et donne un aperçu par région des principales préoccupations recensées en matière de droits humains et met l’accent sur certains faits et chiffres essentiels.
Le rapport précise qu’au Bénin, les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont cette année encore fait l’objet de restrictions. Une vague d’attaques meurtrières perpétrées par des groupes armés a entraîné le déplacement interne d’un nombre croissant de personnes, dont la plupart peinaient à accéder à leurs droits économiques et sociaux. L’ONU s’est inquiétée du recours généralisé à la détention provisoire en vertu de lois antiterroristes, ainsi que des mauvaises conditions de détention dans les établissements pénitentiaires et de la façon dont étaient traitées les personnes incarcérées.
Le Directeur executif d’Amnesty International Bénin, Dieudonné DAGBETO fait savoir aux hommes des médias que le nord du pays a été confronté à des menaces sécuritaires. Entre janvier et octobre, les forces armées béninoises ont été prises pour cible par des groupes armés, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al Qaïda, qui ont tué au moins 82 soldats.
Une cinquantaine de personnes au moins ont été placées en détention provisoire à la suite d’une tentative avortée de coup d’État survenue le 7 décembre.
En ce qui concerne la liberté d’expression, l’organisation dans son rapport publie que les autorités ont continué d’utiliser certaines dispositions de la Loi portant code du numérique qui érigeaient en infraction le fait de diffuser une « fausse information » et le « harcèlement par le biais d’une communication électronique » pour entraver le droit à la liberté d’expression1. Le Bénin a reculé de la 89e à la 92e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.
Amnesty International est revenu sur la question des droits des personnes déplacées.
Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a plus que doublé, principalement en raison d’une nouvelle vague d’attaques perpétrées par des groupes armés dans le nord du pays. En juillet, l’Organisation internationale pour les migrations a estimé que ce chiffre avait augmenté de 118 % par rapport à 2024, pour atteindre 27 294 personnes. La plupart des personnes déplacées à l’intérieur du pays avaient perdu leurs sources de revenus et vivaient dans des conditions déplorables, ne pouvant jouir que de manière limitée de leurs droits économiques et sociaux, notamment les droits à l’alimentation, à l’eau, à la santé et au logement.
Droits des personnes détenues
En janvier, rendant compte de sa visite dans le pays en 2024, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et la lutte antiterroriste a noté que, depuis 2019, des centaines de personnes avaient été arrêtées pour des infractions liées au terrorisme. Nombre de ces personnes avaient été détenues sans avoir été formellement inculpées. Le rapporteur spécial s’est également déclaré préoccupé par les conditions de détention, dénonçant la surpopulation, les mauvaises conditions sanitaires et l’accès insuffisant aux soins de santé.
L’équipe d’Amnesty International Bénin n’a pas occulté dans son rapport les expulsions forcées. Le document precisz qu’en février, l’Agence nationale du domaine et du foncier a lancé un appel public invitant les personnes en attente d’une indemnisation appropriée à la suite d’expulsions forcées à se faire connaître pour qu’il soit donné suite à leur dossier. Des milliers de familles ayant été expulsées de zones côtières à des fins de développement touristique étaient potentiellement éligibles. Dans le seul quartier de Fiyégnon 1, à Cotonou, plus de 3 000 personnes avaient été expulsées sans indemnisation depuis 2021.
Gatien ELEGBEDE.


